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dimanche 12 septembre 2010

Le français et l'anglais langues secondes

Je commence à faire du tutorat d'élèves inscrits en français et en anglais, langue seconde. Étrangement, c'est exactement ce que faisait ma mère, il y a 40 ans.

On dit parfois qu'il est mieux de ne parler que la langue qu'on enseigne, afin d'obliger les élèves à la parler et la comprendre. Cependant, mon avis là-dessus est partagé. Surtout, si les élèves se découragent, cela risque de les démotiver. Si la leçon est trop facile, évidemment,ils s'ennuieront. Cela n'est pas mieux.

Je me trouve donc portée à modifier le matériel régulier utilisé pour les niveaux en question. C'est davantage de travail, mais j'estime que c'est nécessaire.

dimanche 15 août 2010

What's the deal with bilingual signs?

(Une discussion en français est ci-dessous, dans l'article précédent)

Bilingualism has been in the news again in Canada recently, this time with the issue of bilingual signs in Russell and in New Brunswick. Both these areas have significant French-speaking populations. They also have had anglophone backlash.

What's the big deal with bilingual signs, anyway? If it's a question of money, a tax break or subsidy program should fix that quickly for existing businesses. However, the issue raised most often by people who oppose compulsory bilingual signs is freedom of expression.

This angle never comes up in places like Chinatowns. Where I live now, most people are Chinese and South Asian. Their signs all have English translations on them. No one bothers measuring the size of the fonts in either language on the signs. So far, I haven't heard of any complaints on the part of business owners that they have to include English — even though the majority of their customers speak another language. Apparently, they do not feel oppressed by the bilingual nature of their signs. "Freedom of expression" simply doesn't come up.

In response to this argument, many will say "but of course you have to include English! It's the language here!" Yes it is, although it isn't the only one. And Canada is officially bilingual. So: bilingual signs in French and English, especially in those areas that have substantial numbers of both populations, reflect our national heritage.

Our two official languages in Canada reflect our history, if not always our present composition. It's a cultural issue, one of many possible ones. It makes us distinct from both our American neighbours and our British colonizers. Bilingual signs are part of being Canadian.

samedi 7 août 2010

Affichage: identité, menace ou détail?

Depuis quelque temps, deux endroits au Canada font l'objet de controverse en raison de leur politique d'affichage bilingue.

D'abord, le canton de Russell dans l'est ontarien a adopté en juin 2008 un arrêté municipal rendant obligatoire les deux langues officielles sur toute affiche extérieure. Dans ce cas-là, le propriétaire d'entreprise Jean-Serge Brisson s'est opposé à la démarche... parce qu'il veut garder son affichage unilingue francophone. En même temps, un francophobe appelé Howard Galganov a voulu empêcher le règlement pour la raison contraire, soit la "sauvegarde" de la libre expression en langue anglaise. Les deux opposants se sont retrouvés devant la Cour supérieure de l'Ontario en juin 2010. Pourtant, le même genre de règlement a été adopté sans séquelles par les municipalités avoisinantes de Clarence-Rockland, Casselman et La Nation, malgré qu'il est vrai que les partisans ont subi des menaces et des plaintes au préalable dans certains cas.

Entre-temps, le Front commun pour l'affichage bilingue (FCAB) milite au niveau municipal au Nouveau-Brunswick. La question soulève un tollé à Moncton, dont le tiers de la population parle français, parce qu'un groupe anglophone — «Canadians against forced bilinguism» (Les Canadiens opposés au bilinguisme forcé) — trouve l'idée une contrainte inacceptable sur la liberté d'expression. Un autre groupe, La Anglo Society, a presque réussi à faire flotter son drapeau à la mairie de Bathurst, ville composée à 52 pour cent de francophones. Le Nouveau-Brunswick est la seule au Canada qui soit officiellement bilingue et l'est depuis 1969; cependant, la victoire a été durement acquise. Au niveau municipal, seule la ville de Dieppe vient tout juste de faire passer, cet avril dernier, un règlement sur l'affichage commercial bilingue obligatoire — plus de 40 ans après le geste de la province. Campbellton a aussi étudié la possibilité.

Or, les passions que soulève l'affichage bilingue évoquent deux questions. D'abord, pourquoi le pour; ensuite, pourquoi le contre?

Les organismes qui prônent l'affichage bilingue obligatoire affirment que c'est un outil contre l'assimilation. Même Monique Métivier, la juge de la Cour suprême de l'Ontario qui devait décider de la question à Russell, a fourni cette explication à l'avocat de Galganov. Un article publié dans Le Devoir signale que l'affichage d'une langue est signe de sa vitalité. Du côté pratique, l'affichage en anglais seulement laisse entendre à la clientèle qu'il n'y aura pas, ou très peu, de service en français. Donc, l'affichage en français permettrait aux gens de vivre davantage en français et donc, de renforcer leur identité.

Pourquoi donc y a-t-il tant d'opposition à la chose de la part de certains anglophones? On parle de liberté d'expression: de quelle façon l'ajout d'une langue brime-t-elle l'expression de l'autre? Les commerçants y voient surtout une dépense et un effort de trop. Les militants ont d'autres préoccupations: ils s'inquiètent, apparemment, de perdre le contrôle, de se faire "imposer" le français et dicter leur conduite, de perdre des occasions d'emploi aux francophones qui sont plus souvent bilingues. Un tel argument, évidemment, ne tient pas compte du contraire, soit que les francophones sont obligés de parler l'anglais. Surtout, il ne tient pas compte du fait que de parler deux langues correctement "est une compétence acquise, et non quelque chose qui est tombé du ciel", comme l'explique l'éditorial de L'Étoile du 22 juillet 2010.

Pourtant, l'affichage bilingue a un autre rôle qu'on voit beaucoup moins au niveau régional: celui de faire valoir notre identité canadienne. Le bilinguisme fait partie de notre héritage national, même s'il n'en est pas la totalité dans le contexte de notre caractère multiculturel. Il va donc beaucoup plus loin que de servir une communauté ou l'autre. C'est pourquoi le français a sa place à Toronto, même si la population chinoise est bien plus nombreuse et prend aussi sa place.

À cet égard, pourquoi le gouvernement fédéral n'aurait-il pas de programmes spéciaux pour afficher le caractère bilingue de régions particulières partout au pays? Les municipalités ont toujours été les cousines pauvres des transfers et subventions fédérales. Il serait temps pour les différents paliers de gouvernement de bien percevoir leur intérêt commun en matière d'héritage culturel, à tous les niveaux.

mercredi 28 avril 2010

«Ce n'est pas poli de parler __________ lorsque d'autres ne le parlent pas»

Qui dit bilinguisme dit aussi exclure certaines personnes en groupe mixte. Nous, les gens franco-ontariens, connaissons très bien ce phénomène lorsque nous sommes en majorité entre nous et il arrive une personne anglophone. Cette dernière s'attend à ce que tout le monde se mette à parler l'anglais. Parfois, elle s'indigne et se sent exclue s'il y a toujours des bribes de français dans l'air. Invariablement, cela cause des frictions et du ressentiment.

Hier, c'est le contraire qui s'est produit. J'assistais à un banquet francophone. Il y avait à notre table plusieurs Libanais qui se parlaient entre eux en arabe. Une francophone est venue nous parler et s'est exclamée: «Il ne faut pas parler l'arabe ici. Ce n'est pas poli!»

Contradiction? Il me semble. Contradiction, à plusieurs niveaux. D'abord, parce que de plus en plus, notre francophonie ici au Canada est une mosaïque de gens qui viennent de pays où on parle plusieurs langues. Ensuite, parce que ces pays ne seraient pas francophones s'ils n'avaient pas été colonisés, donc victimes d'impérialisme. Enfin, nous faisons ici des pieds et des mains pour inviter une population immigrante qui parle français, tout en nous targuant de privilégier le fait bilingue au Canada.

À mon avis, il n'est pas indiqué d'empêcher les gens de se parler entre eux, comme nous-même le faisons. Si nous invitons les gens à notre table, il faut bien les laisser vivre.

lundi 29 mars 2010

De la théorie à la réalité: les francophones toujours plus bilingues

La plupart de mes articles antérieurs ont porté sur les politiques et idéaux du bilinguisme, mais évidemment, il y a la question de la pratique. Tandis qu'on vient tout juste de célébrer la Journée internationale de la Francophonie, et même la Semaine y étant reliée, il est intéressant de jeter un coup d'oeil sur les chiffres... surtout qu'on est en pleine année de recensement. Qu'a donné le bilinguisme officiel au Canada? C'est-à-dire, plus précisément, qui est bilingue aujourd'hui?

Selon Statistiques Canada, en 2006, les Canadiens d'origine anglophone (ou s'identifiant comme tels) étaient toujours unilingues anglophones à 84,8 pour cent à l'extérieur du Québec, ce qui laissait 15,2 pour cent d'entre eux bilingues contre 90,6 pour cent de leurs contreparties d'origine francophone. Au Québec, la situation n'est pas tout à fait inversée : si, en effet, 90,4 pour cent des anglophones étaient bilingues en 2006, un total étonnant de 61,1 pour cent de la population d'origine francophone l'était également. C'est quatre fois le chiffre des anglophones non-québécois.

Le rapport de Statistiques Canada fait état de la proximité des provinces anglophones comme facteur de bilinguisme des Québécois francophones. Cependant, la proximité du Québec n'a pas forcément eu le même effet chez les Néo-Brunswickois ou les Ontariens. L'attrait de la culture américaine, et le statut de l'anglais comme langue internationale plus utilisée que le français (qui est au septième rang mondial, avec 200 millions d'utilisateurs contre un milliard et demi pour l'anglais, y compris ceux qui s'en servent comme langue seconde).

L'immersion a souvent été prônée comme outil de « bilinguisation ». Or, en effet, toujours selon ce rapport démographique, plus longtemps les élèves restent en immersion, plus ils parlent leur deuxième langue : 75 pour cent d'entre eux s'estiment bilingues après six ans ou plus. Il est vrai qu'un des défauts de l'étude est de se fier à l'auto-évaluation. D'ailleurs, le rapport fait état de cette difficulté. Cependant, les différents pourcentages de compétence perçue que produisent les différents niveaux d'immersion peuvent nous rassurer qu'il ne s'agit pas là d'une erreur fondamentale de jugement.

mercredi 3 mars 2010

Bilingualism in comparative perspective: Canada, Belgium and Finland

The Vancouver Olympic Games put the spotlight on Canadian bilingualism, even if at first it was in more of a negative way. The ensuing debate brought out different aspects of how bilingualism applies: first, in greetings and translations of official decrees, announcements and speeches; second, in administrative services offered to both the public and Olympic staff and athletes; and third, in terms of how to reflect both Anglophone and Francophone sides of Canadian cultural production and expression. Though the opening ceremonies appeared to displease many at certain levels, the closing ceremonies and subsequent after-party seemed to do a better job of bridging our differences.

Around 50 countries in the world have more than one official language. Different sovereign states have different approaches to linguistic diversity. The cases of Belgium and Finland are perhaps among the most pertinent for comparison with Canada.

Belgium is actually trilingual, but mostly Flemish and Walloon - aka, Dutch and Francophone. Historically, it has espoused communal territorialism, somewhat like what modern Québec advocates, to the detriment of French-language minorities elsewhere in Canada. In contrast, Finland appears to follow the same model as Canada as a whole, for the protection of the Swedish language, and has done so since 1919.

According to the document Le Royaume de Belgique, «There are no bilingual documents in Belgium. Even in the Brussels bilingual zone, all documents are unilingual, but available either in Dutch or in French, depending on what the citizen asks for. The federal bureaucracy is designed along parallel linguistic lines. Laws and rules specify that 40 per cent of civil servants are unilingual Dutch, 40 per cent unilingual Francophone and 20 per cent bilingual, these being equally distributed between the Flemish and the Walloons... The ministries of Justice, Internal Affairs and Defense are split in two; one is Francophone, the other, Dutch.» (http://www.salic-slmc.ca/showpage.asp?file=biling_autres_pays/belgique&language=fr&updatemenu=true)

As the following article explains: «The Flemish have obtained, on the one hand, that the Brussels zone, limited to 19 communes, should stay officially bilingual, and on the other hand, that the surrounding communes stay Flemish (in six of these, the French-language population has "facilities")." (source:
http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/belgiqueetat_histoire.htm) They do not automatically have the right to services in French in the Flemish zone, or to services in Dutch in the Walloon zone.

In contrast, in Finland, all Swedish-speaking citizens can ask for services in Swedish anywhere in the country. The education question is settled like it is in Canada, according to a formula ressembling that of legacy minority language-rights here: "On the municipal level, communes are classified as bilingual if the minority language is spoken by at least 8% of the population or by 3,000 persons (FINLEX 2006). In 2007 there were 416 communes in Finland, of which 43 are classified as bilingual and 19 Swedish speaking (Kuntaliitto 2007). In these communes children can attend Swedish speaking schools(https://oa.doria.fi/bitstream/handle/10024/36065/gradu2007ahtola.pdf?sequence=1)

The protection of the minority language, however, is far from automatic: "Official bilingualism does not mean that all Finns are de facto bilinguals. Actually, for most Finnish speakers in monolingual areas Swedish will remain a foreign language taught in school but never used in everyday life. Bilinguals, balanced or dominant, are a minority covering mainly people who live on bilingual areas of the country and have an opportunity to use both languages in natural surroundings. The status of Swedish evokes constant debate and discussion on both political and common ground, but careful language planning, protection by law and Swedish language institutions have secured the survival of the minority language, which is rare even on an international scale." (IBIDEM -
https://oa.doria.fi/bitstream/handle/10024/36065/gradu2007ahtola.pdf?sequence=1)

History has played an important role in the degree of respect which bilingualism enjoys, or the sense of national heritage it conveys, in these two European cases.

In Belgium, what is today the Francophone minority (at around 40 per cent, compared to less than 60 per cent for the Dutch speakers) was long the majority and dominant class. The French language today has a greater international weight than the Dutch spoken by the Flemish population. As a result, there is a lot of resentment against the French-speaking Walloons on the part of the Flemish, who today dominate the industrial class and feel they are subsidizing the French. This comes into play most especiallyin the bilingual territorial zone of Brussels, which the Flemish see geographically as belonging to Flanders.

In Finland, the situation of the Swedish-language minority resembles that of the Anglophone minority in Quebec. The Swedes were always a minority and historically controlled the country. Today, Swedish-speaking Finns represent 5.5 per cent of the population. Finland was part of the kingdom of Sweden for hundreds of years, and only became a Grand Duchy of Russia in 1809, before gaining independence in 1917. The greatest difference between Canada and Finland in terms of bilingual policy today is of course the importance of the English language relative to Swedish: even in Finland, if all citizens learn Finnish, most people wish to learn English as a second language rather than Swedish.

What can we conclude from these brief overviews? Each country has its own way of implemeting bilingual or multilingual policies. Whether it's linguistic territorialism or non-territorial linguistic communitarianism, there are advantages and disadvantages in each. The Canadian model has distinguished itself at the international level, as evinced by the Games and the response of national pride their presentation generated. Our population's sensitivity to the nuances of bilingualism – whether translation, service provision or cultural representation – can rightly make us proud of our evolution.

Le bilinguisme comparatif: Canada, Belgique et Finlande

Les jeux Olympiques à Vancouver cette année ont mis le caractère bilingue du Canada sous les feux de la rampe, même si au début c'était de façon négative. Le débat qui s'est ensuivi a fait ressortir différents aspects du bilinguisme: d'abord, le volet officiel des langues, de par les déclarations et discours officiels; ensuite, le volet des services administratifs aux athlètes et au public; et enfin, le volet de la représentation culturelle, du côté des spectacles offerts au public qui visaient refléter la culture canadienne. Si les cérémonies d'ouverture ont paru déplaire à certains niveaux, les cérémonies de clôture et la fête les suivant ont, semble-t-il, mieux comblé les lacunes.

Une cinquantaine de pays au monde ont plus d'une langue officielle. Différents pays ont différentes approches au bilinguisme. Le cas de la Belgique et celui de la Finlande sont peut-être parmi les plus pertinents pour y comparer le Canada.

La Belgique (pays trilingue, mais surtout flamand et francophone) a tendance à épouser le communalisme territorial — tel que prôné par le Québec, à l'insu des minorités francophones ailleurs au Canada — tandis que la Finlande, elle, paraît suivre le même modèle que celui au Canada et ce, depuis 1919, pour la protection de la langue suédoise.

Selon le document Le Royaume de Belgique, «Il n’y a pas de documents bilingues en Belgique. Même dans l’agglomération bruxelloise, tous les documents sont unilingues, mais disponibles soit en français soit en néerlandais, selon la demande du citoyen. L’Administration fédérale est conçue en réseaux linguistiques parallèles. Les lois et règlements précisent que 40 % des fonctionnaires sont unilingues néerlandophones, 40 % unilingues francophones et 20 % bilingues, mais également répartis entre Flamands et Wallons... Les ministères de la Justice, le ministère de l'Intérieur et le ministère de la Défense sont scindés en deux; l'un est francophone, l'autre, néerlandophone.» (http://www.salic-slmc.ca/showpage.asp?file=biling_autres_pays/belgique&language=fr&updatemenu=true)

Comme l'explique l'article suivant: «Les Flamands ont obtenu, d’une part, que l'agglomération bruxelloise, limitée à 19 communes, reste officiellement bilingue, d’autre part, que les communes ceinturant l'agglomération demeurent flamandes (dans six d'entre elles, la population de langue française dispose de «facilités»).» (source: http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/belgiqueetat_histoire.htm) C'est qu'ils n'ont pas automatiquement droit aux services en français en zone flamande, ou aux services en néerlandais en zone francophone.

En Finlande, cependant, tous les citoyens de langue suédoise peuvent demander le service en suédois partout au pays. La question de l'éducation est réglée à la canadienne, avec une formule semblable à celle des ayant-droits ici : «Au niveau municipal, les communes sont classifiées comme bilingues si la langue de la minorité est parlée par au moins 8 pour cent de la population ou par 3 000 personnes (FINLEX 2006). En 2007, il y avait 416 communes en Finlande, desquelles 43 sont classifiées bilingues et 19 de langue suédoise (Kuntaliitto 2007). Dans ces communes, les enfants peuvent s'inscrire à des écoles de langue suédoise.» (https://oa.doria.fi/bitstream/handle/10024/36065/gradu2007ahtola.pdf?sequence=1)

La protection de la langue est cependant loin d'être facile, pas plus qu'ici au Canada: «le bilinguisme officiel ne veut pas dire que tous les Finlandais sont de fait bilingues. En vérité, pour la plupart des gens de langue finnoise dans les régions monolingues, le suédois demeure une langue étrangère enseignée à l'école mais jamais utilisée dans la vie quotidienne. Les bilingues, soit parfaits bilingues ou dominants dans une langue, sont une minorité de gens qui habitent surtout les régions bilingues du pays et ont l'occasion de se servir des deux langues en milieu naturel. Le statut de la langue suédoise provoque le débat et la discussion de façon constante au niveau politique et communal. Toutefois, une planification linguistique soignée, la protection juridique et les institutions linguistiques suédoises ont assuré la survie de la langue minoritaire, ce qui est chose rare même au niveau international.» (IBIDEM -
https://oa.doria.fi/bitstream/handle/10024/36065/gradu2007ahtola.pdf?sequence=1)

Fait intéressant, et sans doute pertinent: l'Histoire joue un rôle dans le degré de respect ou le sens d'héritage pour ce qui est des deux cas européens.

En Belgique, ce qui est aujourd'hui la minorité francophone (à environ 40 pour cent, contre presque 60 pour cent pour les Flamands) a longtemps été la classe majoritaire et dominante. Il en résulte qu'il existe beaucoup de ressentiment contre les Wallons, de la part des Flamands, qui dominent aujourd'hui la classe commerciale et ont le sentiment de subventionner les francophones. Cela se joue surtout dans la zone territoriale bilingue de la capitale de Bruxelles, que les Flamands voient plutôt, géographiquement, comme faisant partie de la Flandre. Ajoutons à cela que les Flamands se sentent beaucoup plus menacés globalement que les Wallons, compte tenu de la situation du néerlandais par rapport au français comme langue internationale.

En Finlande, la situation des Suédois ressemble beaucoup à celle des Anglophones de la province du Québec - ils ont toujours été minoritaires, et historiquement, ils contrôlaient le pays. Aujourd'hui, les Finlandais de langue suédoise constituent 5,5 pour cent de la population. La Finlande a longtemps fait partie du royaume de la Suède, est devenue un grand duché de la Russie Impériale en 1809, et n'a obtenu son indépendance qu'en 1917. La plus grande différence aujourd'hui, bien sûr, est le statut du suédois relativement à l'anglais: même en Finlande moderne, si tous les citoyens savent parler le finnois, la plupart des gens souhaitent parler l'anglais comme langue seconde, plutôt que le suédois.

Que peut-on conclure de ces brefs survols? Chaque pays a sa propre façon de mettre en oeuvre une politique bilingue ou multilingue. Chaque méthode - territorialisme linguistique ou communautarisme linguistique non-territorial - a ses avantages et ses lacunes. Le modèle canadien occupe une place tout à fait respectable dans le monde du multilinguisme. La sensibilité de la population aux nuances du bilinguisme – traduction, services et représentation culturelle – a de quoi nous rendre fiers de notre évolution.

lundi 8 février 2010

This is your brain on bilingualism!

There are still parents out there who worry their kids will get confused if they learn another language too early. Au contraire: it's the other way around. Learning another language in early childhood builds up your brain power, according to several studies on the subject. Now who wouldn't want a better brain for their kids? Here in Canada, official bilingualism gives us an additional incentive.

Amongst the benefits of bilingualism are a heightened capacity to screen out distractions and delay in the onset of illnesses such as Alzheimer's disease. Bilingualism alters the brain structure and produces significant activity in the right hemisphere.

Sources:
 
Bilingualism and the Brain
http://www.baycrest.org/Breakthroughs/12800.asp
 
Bilingualism's Brain Benefits
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/articles/A39338-2004Jun13.html
 
The Bilingual Brain
http://www.sfn.org/index.cfm?pagename=brainbriefings_thebilingualbrain
 
The bilingual brain. Proficiency and age of acquisition of the second language
http://brain.oxfordjournals.org/cgi/content/abstract/121/10/1841

mercredi 20 janvier 2010

Du bilinguisme au multiculturalisme: c’est quoi, une «communauté culturelle»?

Bien que je trouve essentiel de considérer sérieusement la question de la diversité, le vocabulaire qui accompagne le principe me donne souvent un haut-le-corps.

Au Québec, par exemple, il y a un ministère des Communautés culturelles. Ça m’agace. Y at-t-il vraiment des communautés qui ne sont pas culturelles? Est-ce parce que «notre» culture va de soit, qu’elle est si évidente qu’elle est invisible, comme les atomes, le Bon Dieu ou le calendrier grégorien?

J’ai la même réaction vis-à-vis l’expression «groupe ethnique». Tout le monde l’est, puisqu’il n’existe aucun être humain qui ne soit pas ethnique, mais il est sous-entendu qu’on veut dire par là «les autres». Ce sont les autres qui sont visibles, qui ont des coutumes et des langages qu’on présente une fois par année, dans le cadre d’un festival, dans une salle universitaire, pendant une semaine ou peut-être tout un mois.

Ça me rappelle ce que me racontait ma mère, au sujet de ma grand-mère : lorsque cette dernière voulait parler des gens qui n’étaient ni francophones, ni anglophones, elle les appelait «les nations». A-t-on évolué depuis? Je me pose la question.

On dira que pourtant, il existe une demande pour reconnaître les besoins de groupes différents qui ne sont pas bien représentés au sein des manifestations culturelles générales. En effet. Il faut se demander pourquoi. Puis, si c'est le cas, on dira qu'il faut bien les appeler quelque chose, et d'être le plus neutre possible. Pourtant, cela ne règle pas le dilemme de l'exceptionnalisme (ou si on veut, l'Autrisme; en anglais, «Othering»). Si on m'accueille à quelque part en constatant tout haut que je suis «ethnoculturelle», et qu'on organise un événement avec des gens «ethnoculturels", parce qu'il faut bien appeler ça quelque chose, je n'aurai pas le choix, au sein de la majorité, de m'identifier, et d'identifier mes besoins, avec l'étiquette de «l'ethnoculturel». Est-ce mon choix inné, au départ, de préférence? Pas forcément: ce serait peut-être plutôt par défaut.

Que doit-on donc appeler le ministère qui s’occupe de la diversité culturelle? Idéalement, nul besoin ne serait de la déclarer. On la tiendrait pour acquis. Cependant, puisqu'il est vrai que la diversité est une chose positive, j'aime bien l'expression «francophonie plurielle» — car voilà bien ce qui nous décrit aujourd'hui, à Toronto comme à Montréal, et ailleurs. Si ça nous empêche de distinguer entre les groupes qu'on appelle «ethnoculturels» et les «nous autres» inédits, je me dis: ce n'est pas forcément mauvais.