jeudi 27 octobre 2011

Traduttore, traditore

Les traductions infidèles
Rogue translations (click for English)

L'expression italienne « traducteur ou traductrice, traître » a été démontrée plusieurs fois dans l'Histoire. Sans doute, les exemples les plus intéressants sont tirés de la Bible. Cependant, il existe des cas modernes qui illustrent l'importance de bien saisir les nuances culturelles en jeu dans la langue d'origine.

Une des erreurs de traduction les plus citées est celle du mot hébreu « alma », dans le verset 7:14 du Livre d'Isaïe, qui signifie « jeune fille » plus souvent que « vierge » à proprement parler. Hors, en grec, la langue dans laquelle la Bible a été traduite pour la première fois, le mot « parthenos » a une connotation de pureté sexuelle. Dans la traduction latine, basée sur le grec, on s'en est tenu au mot signifiant « vierge ». Selon plusieurs, ce serait là la raison de la croyance en la conception virginale de Jésus (à ne pas confondre avec l'Immaculée Conception, doctrine selon laquelle Marie est née sans péchés).

Le Lévitique, de son côté, offre un exemple de nuance culturelle qui serait mal comprise, dans le verset 18:22. Ici, le mot hébreu « toevah » a été traduit comme voulant dire « abomination ». En réalité, il paraît que le mot d'origine signifierait quelque chose d'impur au niveau du rite, plutôt que quelque chose de malfaisant.

Un troisième exemple biblique est la traduction du mot « sheol ». En hébreu, ce serait l'endroit des morts, ou celui des esprits. La traduction grecque, « hades », est semblable. Cependant, la traduction anglaise de King James utilise le mot « hell », ou « enfer ».

Enfin, à notre époque, on peut présenter plusieurs exemples du genre qui s'étendent de l'absurde ou du comique au plus sérieux. Celui qui me reste à l'esprit en est un qui aurait pu faire éclater une guerre. C'est une citation attribuée à Nikita Khrouchtchev au moment de la crise de Suez en 1956. Un traducteur anglophone a affirmé que le leader soviétique avait dit que « nous allons vous enterrer ». La remarque a provoqué la fureur au sein du monde occidental, qui y voyait une menace de destruction de leurs capacités. En fait, ce que voulait réellement dire Khrouchtchev était « nous assisterons à vos funérailles »; voilà plutôt une référence à la croyance communiste que le capitalisme ne manquerait pas de tomber sous ses propres contradictions.


Ainsi, on voit clairement l'importance de bien comprendre l'auteur, ou l'interlocuteur, d'origine...










Quite a few examples illustrate the Italian expression « translator, traitor ». Some of the most interesting are from the Bible. However, there are modern incidents which highlight the importance of capturing the cultural nuances at stake in the source language.

One of the translation errors quoted most often is the rendering of the Hebrew word "alma", in 7:14 Isaiah. This word means "young woman" more often than it does "virgin." In Greek, however, which is the language into which the Bible was first translated, the word "parthenos" was used; it has a connotation of purity. Translators into Latin decided to use the word meaning "virgin." According to many, this would be the reason for the belief in the Virgin Birth (not to be confused with the Immaculate Conception, according to which Mary was born without sin). 

In Leviticus, we find an example of misunderstood cultural nuance in verse 18:22. Here, the Hebrew word "toevah" has been translated to mean "abomination". However, it seems the original word meant something ritually unclean rather than inherently evil.

A third biblical example is the translation of the word "sheol". In Hebrew, this is apparently the place of the dead, or where spirits would dwell. The Greek translation, "Hades", has a similar meaning. However, the English King James Version uses the word "hell".

In our own era, we can find several instances of misunderstood terms and expressions which go from the absurd and the comical to the very serious. One that has stayed with me is a situation which could have led to war. It's a quote attributed to Nikita Khrushchev during the Suez Crisis in 1956. An English translator asserted that the Soviet leader had said, "We will bury you." The comment elicited a furious reaction on the part of the Western powers, who believed it was a declaration that the Soviet Union would destroy them if it could. What Khrushchev really meant was "we will be there at your burial," a reference to the Communist belief that capitalist society will eventually crumble under the weight of its own contradictions.

Therefore, it's quite clear how important it is to understand the original writer, or speaker, very, very well...